Château de la Turmelière à Liré : entre ruines et poésie
Sur la rive angevine de la Loire, face à Ancenis, une tour de pierre perce la ligne des arbres. Elle est tout ce qu’il reste — ou presque — d’une histoire qui commence au XIIIe siècle et se referme, des siècles plus tard, sur le nom d’un poète.

Au sommaire
Une place forte aux confins de l’Anjou
Le château de la Turmelière est mentionné pour la première fois en 1285, dans un manuscrit où un certain Hardouin d’Avoyr se présente comme « seigneur de Lyré et de la Turmelière ». À l’origine, il ne s’agit que d’un avant-poste : le seigneur de Liré résidait alors ailleurs, à la Vieille Cour.
La Turmelière servait de bastion avancé à la puissante forteresse de Champtoceaux — celle-là même dont il reste aujourd’hui la citadelle que l’on peut visiter — postée face au château d’Ancenis, de l’autre côté du fleuve.

Une position presque imprenable
Le site profite d’une défense naturelle redoutable : des coteaux escarpés, un ravin profond, et un plateau qui l’abrite des vents du nord. De quoi comprendre pourquoi les seigneurs de Liré s’y retranchaient en cas de conflit, notamment lors des tensions entre Bretagne et Anjou aux XVe et XVIe siècles.
La Turmelière et la famille Du Bellay
Le siège d’une seigneurie
En 1504, le mariage de Jean du Bellay avec Renée Chabot fait de la Turmelière le nouveau siège de la seigneurie de Liré, à la place de l’ancienne Vieille Cour. Un aveu de 1521 décrit précisément le domaine tel qu’il existait alors : manoir, tours, fossés, pont-levis, grange et pressoir.

La naissance d’un poète
C’est là que naît, en 1522, Joachim Du Bellay — qui deviendra l’une des grandes figures poétiques de la Renaissance française. Il y passe son enfance, dans ces paysages de bocage angevin qui marqueront durablement son œuvre.

Des ruines classées à la découverte du château actuel
Des vestiges protégés depuis 1941
Les ruines médiévales du château de la Turmelière — ce qui subsiste des tours, des douves et du colombier — sont classées monuments historiques depuis 1941.
Elles témoignent d’une évolution architecturale qui traverse près de sept siècles, de la forteresse défensive au manoir Renaissance.
Un château que son commanditaire ne vit jamais achevé
Au XIXe siècle, un second château voit le jour dans le parc, de style néo-Renaissance. Il fut commandé par le comte Charles Thoinnet, qui mourut avant son achèvement — seules ses initiales, gravées sur la façade, rappellent aujourd’hui son ambition inaboutie.

Le domaine aujourd’hui
Après la Seconde Guerre mondiale, le domaine fut acquis par une fédération d’associations laïques de Loire-Atlantique. Aujourd’hui, le parc boisé de 45 hectares se parcourt par des sentiers de randonnée qui relient les ruines du château de la Turmelière au musée consacré à Joachim Du Bellay, jusqu’à un point de vue qui embrasse toute la vallée de la Loire.
Ces pierres, qui ont traversé sept siècles, rappellent combien un lieu peut porter la mémoire de ce qui s’y est joué — une observation qui rejoint, à sa manière, le regard que porte la géobiologie sur d’autres lieux de la vallée.
Pour préparer votre visite et découvrir les sentiers qui traversent le domaine, l’office de tourisme Osez Mauges propose une fiche complète sur les ruines du manoir de la Turmelière.




